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Youri Jarkikh à Saint-Orens-Pouy-Petit

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Saint-Orens-Pouy-Petit

A une dizaine de kilomètres de Condom, entre les routes de Fleurance et de Lectoure, se dresse le charmant village de Saint-Orens-Pouy-Petit, né du rattachement, en 1841, de la commune de Pouy-Petit à celle de Saint-Orens. Le hameau, perché sur sa colline (pouy) et anciennement fortifié, lui fait vis-à-vis au sud. On y trouve un château gascon du XIIIe siècle.

Le village se constitua dès le XIe siècle autour d’une église édifiée par les moines de l’abbaye de Condom et dédiée à Saint Orens. Après le traité d’Amiens (1279), il se trouva en territoire anglais, à la limite du comté d’Armagnac qui était possession française : les Anglais ordonnèrent au baron de la Roque, qui en était alors le seigneur, de construire d’épaisses murailles autour du village.

On pénètre dans le bourg par une porte voûtée. On suit une longue rue bordée de maisons en pierre. De chaque côté s’ouvrent ruelles, placettes ou petites cours. Tout au bout, un majestueux château Renaissance surplombe sur trois côtés un superbe panorama.

Le château et la salle de la Mairie

Les seigneurs de la Roque se succédèrent jusqu’à la fin du XVIe siècle. C’est alors que la fille de l’un d’entre eux épousa le comte de Fimarcon (F. de Cassagnet) qui fit bâtir le château actuel en 1579. Du côté du village, il offre une disposition en « L », avec une tourelle arrondie dans son angle intérieur et une série de belles fenêtres à meneaux qui en agrémentent la façade.

Devenu propriété communale au XIXe siècle, il abrite dans sa partie nord les locaux de la mairie. Une longue salle parquetée, dotée d’une vue exceptionnelle sur les paysages gascons, vous y accueille.

 

 

Youri Jarkikh

Vit et travaille à Perpignan (Pyrénées-Orientales).

Né en 1938 à Tikhoretz (région de Krasnoïarsk), dans le sud de la Russie, Youri Jarkikh fait ses études supérieures à Leningrad : à l’Ecole navale pendant trois ans, puis, de 1961 à 1967, à l’Ecole des arts et de l’industrie Moukhina.

Il devient architecte, mais son activité de peintre démarre peu après. Son œuvre, déjà puissante et très personnelle, ne peut satisfaire aux critères du « réalisme socialiste », la seule forme d’art acceptée en Union soviétique. Il rejoint tout naturellement le mouvement des artistes dits « non conformistes », ainsi nommés parce qu’ils refusaient d’entrer dans le moule imposé. Il fut l’un des organisateurs et participants de la fameuse Exposition Bulldozer, organisée en plein air à Moscou le 15 septembre 1974 dans le parc de Beliaïevo, et dispersée par la police à coups de bulldozer.

Comme beaucoup d’artistes russes de cette époque, Youri Jarkikh fut contraint à l’exil. Il émigre en Allemagne en 1977 et s’installe à Paris en 1978. Il multiplie très vite les expositions, en France et partout dans le monde (Washington, Zurich, Tokyo, Venise…).

www.youri.jarkikh.info

 

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Jarkikh à Saint-Orens

Jarkikh est retourné en Russie et y expose. Mais il garde cette blessure à l’âme, qu’il exprime dans une peinture fouillée et exacerbée, empreinte d’une ardente spiritualité, se référant autant à l’iconographie orthodoxe qu’à la mythologie antique.

Sa peinture nous emporte bien au-delà du réel. Et pourtant la figure humaine est partout présente, dans un vertige de couleurs. Un tourbillon polychrome où se mêlent la vie et la mort, la naissance et la souffrance, l’apothéose et la chute. Des silhouettes, isolées ou en groupe. Des visages à peine esquissés, presque aveugles, des corps étirés, entremêlés, fragmentés.

La sûreté de la composition met de l’ordre dans cet apparent désordre, où se combinent mille effets de juxtaposition ou de surimpression. Une structure dominante émerge, celle de l’enchâssement, qui renvoie à l’écriture picturale de l’icône, détournée, réinventée, mais omniprésente. Jarkikh pourrait reprendre à son compte ce propos d’un autre exilé, l’écrivain Vladimir Nabokov : « La Russie dont j’ai besoin est toujours avec moi ». C’est d’elle sans doute que l’œuvre tire sa substance, transfigurée par l’incroyable puissance de la vision.

De toile en toile, un univers singulier prend forme, onirique et parfois ironique, où s’inscrivent les fragilités mais aussi la liberté de l’être humain face aux convulsions de l’Histoire.

 
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